ACTE 2, SCENE 1
un salon du palais.
Tekaa, Yen’e.
Tekaa.
- c’est quoi, cette politique criminelle dont on vous accuse ?
Yen’e
.- politique criminelle ?
Tekaa.
- oui. Mon fils me fait savoir qu’il vous a chassé de la principauté parce que vous soutenez une politique criminelle.
Yen’e.
- un : je n’ai fait que transmettre votre message politique confidentiel à votre fils ; deux : je me suis évertué à l’amener à comprendre l’enjeu du problème, à accepter la solution que vous entendez donner à ce problème comme la meilleure qui puisse être ; conclusion : la politique criminelle dont il parle et qui est cause de ma disgrâce à ses yeux est votre propre politique. J’avoue qu’il a profité de l’occasion pour m’accuser de tous les maux.
Tekaa.
- quels maux, par exemples ?
Yen’e
.- il m’accuse de trahir le peuple en soutenant votre régime. Il m’accuse de le mettre en danger de mort en étant politiquement en désaccord avec lui. Il affirme que son garde de corps doit partager les mêmes idées et opinions politiques que lui. Au pire, il dit ne plus avoir besoin d’un garde de corps !
Tekaa.-
ce petit salaud aura de mes nouvelles ! J’ai assez joué avec lui comme ça !
Yen’e
.- majesté ! il semble que vous avez donné trop de liberté à votre fils. Maintenant, ça risque de vous coûter très cher.
Tekaa.
- c’est vrai. Mais c’est le travail de sa rebelle de mère. Pas le mien.
Yen’e
.- j’ai constaté que Ndirinkin ressemble trop à sa mère. Est-ce que vous n’avez pas l’impression de lui avoir manquer pendant son enfance ou de l’avoir trop laissé aux côtés de sa mère ?
Tekaa
.- c’est malheureusement les deux à la fois. Et je me sens bien coupable.
Yen’e
.- maintenant que sa mère n’est plus, que vous n’êtes plus qu’à deux, qu’est-ce qui vous empêche de le dominer ?
Tekaa.
- il est temps de le faire. Et je le veux bien.
Yen’e.
- mais sachez que la famille royale a été exterminé par on ne sait quel démon. Elle ne compte plus que trois membres : Ndirinkin, sa fille et vous. Ndirinkin est le seul prétendant actuel pour la couronne. Et il est judicieux qu’il ne s’égare pas avec les vendeurs d’illusions qui ont envahi tout le territoire national.
Tekaa.
- je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour l’en empêcher. (Un silence). La cour tient conseil tout à l’heure. Et j’exige vous y voir présent.
Yen’e.-
oui. Il fallait bien un conseil en ces temps de crise. C’est bien vu !
Tekaa
.- vous pouvez aller vous joindre aux autres pour le préparer, pendant que je revois mon rebelle de fils.
Yen’e.-
a vos ordres, Majesté !
(Il quitte la scène).





