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POEMES POLITIQUES

Vendredi 7 mars 2008



TRAVAIL-DU-SOL.png

Je suis un grand enfant

Je suis un singe tapageur

Je suis un apprenti-sorcier

Je suis un étudiant

 Eh bien je le suis

Je suis bien tout cela

 

Et me voici dans la rue

Je traîne dans tes écoles

Au Cameroun je traîne

Sans espoir d’y trouver un abri

 

 

 Me voici à l’université

Cett’université opaque de Yaoundé J’y suis

Et en son sein infernal

Messieurs du printemps rassurez-vous ce matin

Ce matin je suis l’homme qui parle droit

Je suis l’homme qui parle liberté

Je suis l’homme-liberté

Je suis le grand prince des eaux

Et j’ai le tonnerre dans ma main droite

Sur le tapis sanguinolent de cette rue abandonné

Rougi par le sang de tes pères ici morts armes à la main

Ils ont eu des tombeaux le lendemain sans oraison funèbre

Nos cendres reposent loin de nos Pères tu n’en as cure

Je flambe dans leurs flammes

Je flambe

Je veux leur rendre leur dernier honneur

 

En vérité ce matin je vous le dis je suis l’homme-lumière

Je suis la lumière de ce monde

Je suis celui qui fait tomber vos vieilleries

Je suis celui qui fait tomber votre printemps

Ton printemps dans lequel tu recules tu recules tu recules

 

Par kok37
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Vendredi 29 février 2008

PALAIS-DE-L-UNITE.png


Tu recules dans ta vie

Tu recules dans l’humanité

Tu recules sur le temps

Tu recules dans ce monde où tu t’animalises

Tu recules Et tu entends la voie du lion

 

Ainsi parle-t-il

Peuple de la forêt voici la parole de votre roi

A mon frère de mon village la forêt

Si vous avez des problèmes venez me voir

Gardez-vous surtout des vendeurs d’illusions

Gardez-vous des apprentis sorciers

C’est moi le chef suprême de l’armée du manguier

Je frappe les âmes d’un éternel exil

Je frappe les âmes qui ont pris la peine de m’offenser

Je suis le lion indomptable dont on parle et craint

Je suis la fournaise de ce monde mon marchepieds

Partout quand je passe à Dieu ne plaise

On se met à genoux pour non péril

Seule ma volonté doit se faire dans ce monde

Car je suis votre roi tout puissant demeurez mes sujets

 

Soyez confiant en moi

Réjouissez-vous de moi

Soyez  dans l’espérance

Car en vérité je vous le dis j’ai vaincu ce monde

 

Ainsi parlait-il ainsi continue-t-il

Le roi Fauve

À

Tous les ressortissants de l’Axe

L’Axe est mon Sodome et Gomorrhe

Vous sur qui je déverserai la coupe de ma colère

Vous qui avez eu

Vous qui aurez

Vous qui avez part à la tribulation

A la torture et au piétinements de mon armée par balles à bout portant

Que la misère soit avec vous partout pour toujours

 

O Bamenda

Ô toi Mbouda

O les anges de la mort

Et tous les faux petits messies de Douala

Marchez

Courez

Volez

Faites des eaux vos routes

J’ai les pieds solidement plantés sur terre

Vous êtes de l’Axe pas de la forêt équatoriale

Montent les flammes de mon estomac vous brûler

 

 

 

 

 

 

 

Par kok37
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Samedi 9 février 2008

 

LES SEPT ESCALES



Des oiseaux chantent platement le réveil

Et sous cette pluie déchirant le firmament

Tu marches tout seul mains sur la tête

Es-tu  fatigué ou dépassé désoeuvré

 

Te voici à Bamenda

Tu penses aux morts du 26 mai

Ce sont les dieux qui t’ont montré comment chercher ce que tu désires

Tu veux aller leur offrir un holocauste

Il ne faut jamais qu’ils se fâchent contre toi

Toi qui est au front c’est la thèse de nos Pères

Et tu recules tu recules tu recules

 
palais_roi_bell.jpg


Te voici maintenant à Mbouda

Hier cette ville chantait hosanna le sauveur vient

Ce matin elle est crispée comme une femme qui ne veut pas

Et toi tu es en travail tu veux accoucher de tes abcès

Je veux la Blanche Colombe 801 sur ta tête

Le redoutable dragon brûlant rôde autour de toi

Son épée est tout feu tu ne peux pas le regarder

Tu appelles le Christ l’homme de la Renaissance

Et dans ton renouveau tu recules tu recules tu recules

 

Te voici à Bafoussam

Ses lampions brûlent comme les feux de l’enfer

Voici le lion-fauve tout vivant dans un cercueil

Des étudiants en noir le tiennent

Ils marchent chacun mains sur la tête

Si on organise un concours de marche à pieds ils serons les premiers

C’est eux qui détiennent le record mondial de la marche à pieds

Ils accompagnent ton renouveau à sa dernière demeure

A chaque pas ils doivent esquiver des balles et tu as peur de crier au scandale

Va dans la franche sincère et vrai église prier Dieu

Le prier pour celle que j’aime même comme elle m’a déreçu

Le prier pour toi pour eux pour tes amours

Prier pour tout ce monde qui recule recule recule

 

Te voici à Bafang

On dit que c’est le parc national des fous

Et le sol de Bafang est absolument ingrat

Si tu reste ici tu mourras de faim

 

Tu es à présent à Nkongsamba

Dans la caféière des Allemands

Les Allemands sont partis cette ville est restée

Et elle reste

Posée là sans changement

 

Te voici à Mbanga

Tu as défilé parmi les bananiers des Blancs

Ils ne t’ont jamais rendu heureux

 

Tu es à Douala

L’autre pôle de l’Axe

Du pont tu contemples le messie marchant sur les eaux

Seules les anguilles et les orphies l’escortent

En vérité la christité qu’il vante est une jésuité de très bas niveau

Voilà tout pour la singéité

Et pour l’humanité je suis en deuil l’humanité est morte

 

Tu veux mettre ton habit du Front pour aller au meeting

 
CHAMP-D-GNAMES.png

Tu longes le Boulevard de la Liberté

Et tu n’as jamais été libre

Il y a à gauche l’arbre de Noël à droite l’arbre de paix

Tu marches tout seul parmi les beaux cyprès

Tes camarades qui étaient à Douala sont tous partis

Ils ont quitté cette cité de petits jésus de petits judas

Et elle recules elle recules elle recules

 

Elle te mène dans la forêt équatoriale mère de ton renouveau

Si la nuit te trouve ici tu es un gars fini

En haut il y a le vide en bas il y a l’enfer

Porte d’entrée au palais de la sale capitale

La ville qui a trahi et bradé ta patrie

La ville qui a méconnu et méprisé tes hommes chéris

La ville qui a sept collines sept redoutables collines

 

 

 

Par kok37
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Dimanche 3 février 2008

REPRESSION

 

  ARMES.png

 

Tu flânes sur Yaoundé la ville ordurière

Le sol est plein de lombrics

L’air est nauséeux

Ton amour en putréfaction sur ce dépotoir sentant

Tu bouches tes narines tu respire par la bouche

Bientôt tout deviendra insupportable

Car elle coule du pus à merveille

Cette ville désordonnée concentrée

Avec ses constructions disparates dispersées

Ses chemin cassés accidentés

Ces routes casseuses de nos reins

Honteusement trébuchée échouée reniflant sur tout

Irrespirable désorientant désorientée

Infamante dénichant chasseuse de ses hommes

 

Tu piaules dans cette ville ingrate

Ville sur qui se fondaient tes espoirs

Ville de qui doit venir paix et justice

Mais ville heurtant nos pieds

Ville allant à reculons pour tout de bon

Etranglée désoeuvrée t’étranglant

T’étouffant t’asphyxiant t’infectant

Te corrompant infectée par ses fils

Seras-tu le porte-flambeau de la corruption

Devenue affreusement laide rebutante

Elle a la pyurie cette ville honteuse

Elle souffre mal de la pyorrhée

Elle voudrait que dans cette puanteur

Comme cet individu qui ne pense pas

Cet individu impersonnel

Cet individu qui se plie à des ordonnances

Cet individu qui voit subit et se tait

Cet individu qui n’existe que pour elle

Pour elle tu vieilles

Tu joues fanfares et trompettes

Cela est mal

Et tu recules tu recules tu recules

Quand donc cessera la reculade

 

 

 

Par kok37
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Samedi 2 février 2008

 

DESOLATION

 

  Dr-MAO.png



Tu  es maintenant à l’université

Regarde les étudiants aux crânes pelés

Déracinés fanés chancelants ils s’étiolent

Ils sont en détresse mornes échoués

Ils pleurent essoufflés fatigués

Epuisés étouffés étranglés

Asphyxiés forcés au dégoût de vivre

Abandonnés à eux-mêmes

Assombris ils sont sur la paille

Ils sont même de paille mélancoliques

Les voilà qui baillent embarrassés

Ils demandent ils supplient alanguis

Ils s’entêtent honteusement déshonorés

Ils sont à la pente du moindre

Et ils ne cessent de réclamer

Ils veulent s’imposer désorientés

Ils vont lamentablement vers leur fin

Empuantis par la pègre rapace de ton printemps

Ton renouveau qui les consume sans pâlir

Et fait piteusement d’eux des sans-valeurs

 

 

 

 

 

Par kok37
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